Présentation de la 53ème édition
Pour sa 53e édition, l’Académie-Festival des Arcs proposera un dialogue entre deux esthétiques musicales qui s’inspirent sans cesse et se répondent, avec pour fil rouge les « passerelles » entre la musique classique et le jazz. Deux univers, qui, depuis le XXesiècle, n’ont cessé de se croiser, de s’inspirer et de se nourrir. Du swing des concertos de Gershwin, à l’écriture savante de Bernstein, de l’improvisation jusqu’aux lectures modernes de Mozart et Bach, nous exploreront ces deux univers au travers d’une riche programmation de concerts et autres rendez-vous musicaux.
Édito 2026
Passerelle… Un bien beau mot, chargé de sens et de poésie, d’espoir et de promesses, d’invitations et de visions. Tant de possibles, tant d’opportunités dans la passerelle : le rêve d’un 1 + 1 qui ferait 3, le dépassement de soi, la rencontre improbable, la quête du complément, la possibilité du Tout…
À l’heure où elles ont plutôt tendance à s’effondrer sous les milliers de bombes que l’humanité s’évertue à employer, nous avons choisi de célébrer celles qui relient la musique classique et le jazz. Deux univers bien différents mais qui ont su se nourrir l’un de l’autre, s’enrichir mutuellement, profiter l’un à l’autre !
Ravel, Debussy, Stravinsky, Milhaud, Ives, Kapustin ou Bernstein ont tous été influencés par le blues, le ragtime, la liberté rythmique ou la syncope. Scott Joplin, Duke Ellington, Keith Jarrett, Jacques Loussier ou Bill Evans ont quant à eux utilisé les formes classiques, le contrepoint et la richesse harmonique qu’offre l’univers de la musique écrite. Entre les deux, il y a un Gershwin qu’on aurait du mal à situer sur une des deux rives, ou encore notre compositeur en résidence Franck Tortiller : vibraphoniste de jazz, compositeur-vigneron (de Bourgogne ! attention…), arrangeur-transcripteur de génie et véritable champion du monde de la passerelle !
Cette édition sera donc le prétexte de vous présenter la Rhapsody in Blue, le blues de la sonate de Ravel, une version inédite de West Side Story, ou de découvrir Kapustin — l’« Oscar Peterson russe ». Nous vous transporterons également dans les saloons de Scott Joplin (qui fit par ailleurs entrer le ragtime dans les salles de concert !), rendrons hommage à Lionel Hampton ou à Django Reinhardt, et explorerons la façon dont la musique dite « savante » s’est invitée dans la création jazzistique. En regrettant bien sûr que Bach n’ait pas connu Thelonious Monk, même si la musique du Cantor de Leipzig ne manque pas de swing !
Mais au-delà de cette thématique engageante et passionnante, nous aurons également le plaisir de vous offrir, en concert d’ouverture, une version remaniée du Barbier de Séville de Rossini, le premier bal populaire de l’histoire du Festival, le troisième opus de Jazz in Les Arcs, des projections de longs métrages, des déjeuners-concerts quotidiens organisés à la Coupole d’Arc 1600 en partenariat avec l’hôtel La Cachette, la suite de notre cycle de musiques du monde — avec cette année la chanson napolitaine à l’honneur —, des concerts en villages qui ne cessent de se multiplier, entre lesquels la deuxième édition de « Pianissimo : Les Arcs – Villaroger », des concerts en plein air, des concerts jeune public, des concerts œnologiques, des concerts présentés… Concerts TOUS GRATUITS, comme depuis 53 ans !
Notre Académie accueillera quant à elle quelque 180 stagiaires l’été prochain, et vous pourrez les entendre travailler du matin au soir, parfois sous les sapins ou dans les parkings, admirer leurs progrès lors des concerts de fin de stage ou au détour d’une aubade improvisée, assister à la magie de la transmission lors des master classes publiques ou des portes ouvertes.
De grands moments de musique et d’émotion vous attendent aux Arcs du 19 au 31 juillet prochain ! Que vous soyez un mélomane averti, ou que votre venue aux Arcs n’ait pour objet que le golf ou la marche à pied, vous trouverez dans nos salles de concert, dans nos belles églises baroques ou sur toutes les scènes que nous investirons cet été matière à découvrir, vous émerveiller, apprendre, approfondir ou partager.
Et ces passerelles que nous vous invitons à emprunter pourraient bien vous surprendre à plus d’un titre et vous ouvrir ces nouveaux horizons dont la quête est aujourd’hui plus difficile – et nécessaire ! – que jamais.
Eric Crambes, directeur artistique

